Après quinze ans d’absence, les camions ont signé un retour aussi attendu que spectaculaire sur le circuit de Dijon-Prenois, théâtre du premier Grand-Prix de la saison 2026 du Championnat de France Camions FFSA. Un évènement qui a tenu toutes ses promesses avec de nombreuses batailles. Intouchable du début à la fin, Téo Calvet lance idéalement sa saison en dominant les débats devant Thomas Robineau et Lionel Montagne.
Dominateur depuis plusieurs saisons, Téo Calvet (#20 – Freightliner) était particulièrement attendu. Un pilote allait-il enfin être en mesure de le bousculer ? Pour cette rentrée, le champion de France n’a laissé place à aucun suspense. Le Toulousain a survolé les débats avec autorité. Deux pole positions, deux victoires dans les courses qui rapportent le plus (courses 1 & 3), et des remontées solides lors des courses à grille inversée. Un week-end plein qui lui permet de repartir, très logiquement, en tête du championnat. Derrière le “patron”, Thomas Robineau (#75 – MAN) s’offre une solide deuxième place. Le Manceau, qui arbore cette saison une livrée rappelant ses années glorieuses en Coupe de France Camions, a brillé par sa constance. Toujours dans le sillage de son éternel rival, il a tenté de lui mettre la pression sans jamais parvenir à le faire vaciller. Résultat : une série de courses conclues systématiquement derrière Calvet, dont deux deuxièmes places dans les manches les plus rémunératrices en points. Un début de saison plus que convaincant, dans un championnat qui retrouve cette année un calendrier étoffé avec six Grands-Prix, contre cinq lors des dernières saisons.
Derrière les deux ogres du championnat, la lutte s’est révélée bien plus serrée. Et c’est finalement Lionel Montagne (#40 – RENAULT TRUCKS) qui s’en est le mieux sorti. Régulier tout au long du week-end, notamment grâce à deux troisièmes places en courses 3 et 4, il s’installe logiquement sur la boîte au terme de ce premier rendez-vous. Une belle récompense pour son équipe, Aravi Racing, qui célèbre cette année ses 40 ans d’existence. En quatrième position, on retrouve Anthony Robineau (#8 – MAN). À la différence de certains pilotes moins bien classés mais qui sont parvenus à monter sur le podium, le coéquipier de Thomas a brillé par sa régularité, toujours bien placé à chacune de ses sorties. Il a même flirté avec le top 3, notamment lors de la course 2. Handicapé tout au long de la saison dernière par des problèmes de vibrations, son équipe nous confiait que ces soucis appartiennent désormais au passé. Sur le papier, la suite de l’année s’annonce donc prometteuse. Bilan mitigé pour Raphaël Sousa (#21 – Freightliner), cinquième de ce Grand-Prix. Il a été à la fois très bon mais aussi brouillon. Déchaîné dans la course 2, il a signé une prestation de haut vol et semblait filer vers son premier succès de la saison. Mais Yorick Montagne est venu le surprendre dans les derniers mètres, sur la ligne, au terme de ce qui restera sans doute l’une des arrivées les plus serrées de ces dernières saisons. Il a failli réitérer cette perf en course 4, mais un dépassement jugé trop viril sur un concurrent lui a finalement coûté cher, avec une pénalité à la clé.
Pour Yorick Montagne (#24 – RENAULT TRUCKS), le week-end a également été en dents de scie. Il a complètement manqué ses deux séances de qualifications, s’élançant à chaque fois de loin sur la grille. Mais dans les courses principales, il a su parfaitement réagir en remontant jusqu’à la septième et huitième place. Ces performances lui ont offert, à deux reprises, une place en première ligne grâce à la grille inversée entre les courses 1 et 2 de chaque journée. Une opportunité qu’il n’a pas laissée filer, en s’imposant dans les manches 2 et 4. Le point d’orgue est intervenu en course 4, avec un podium partagé aux côtés de son père, Lionel Montagne, pour un moment fort en émotions. Un premier meeting satisfaisant pour Lucas Rivals (#15 – RENAULT TRUCKS), qui quitte la Bourgogne au septième rang du championnat. Il s’est battu comme un lion, ou plutôt, un sanglier (son emblème), pour aller chercher une solide deuxième place dans la dernière course. Une belle récompense pour Albi Motor Racing, qui sort d’une saison 2025 particulièrement compliquée.
Un autre pilote peut repartir avec le sourire : Aurélien Hergott (#10 – DAF) se classe huitième du général. Il est parvenu à tenir un rythme solide, toujours dans le bon groupe, il n’est jamais sorti du top 10 en course. Un résultat global qui contraste avec celui de Jonathan André (#44 – MAN). Arrivé avec un nouveau camion, tout avait pourtant très bien commencé. Après un samedi presque parfait (troisième en qualifications, puis deux nouvelles troisièmes places en courses 1 et 2), tout a basculé le dimanche avec un abandon dans la course 3, aux conséquences très lourdes au championnat. Vraiment un coup de malchance puisque c’est un simple raccord à deux euros qui a cédé. La performance reste néanmoins solide, et il faudra capitaliser dessus pour la suite de la saison. D’autant qu’avec six Grands-Prix au programme, un joker est permis… mais le sien est déjà utilisé.
Antoine Languillat (#31 – IVECO) complète le top 10 de ce Grand-Prix Camions de Dijon. Une belle performance pour le champion de France Junior 2025, qui a changé d’équipe cet hiver. Il a rejoint le Team Truck Toulousain de Patrick Chatelain, parti à la retraite (toujours propriétaire et directeur technique). Chatelain a naturellement souhaité intégrer le jeune Languillat dans son projet, avec l’idée de préparer l’avenir du team autour de lui. Ivan Rodrigues (#94 – MAN) s’attendait sans doute à un retour à la compétition plus tranchant. Absent des circuits en 2025 pour des raisons familiales (la naissance de son enfant) le champion de France Junior 2024 a vécu une entrée en matière compliquée, et assez logique au vu du contexte. Il lui faudra un peu de temps pour retrouver ses repères et son rythme de course. Il se classe 11e.
Week-end catastrophique pour José Sousa (#22 – Freightliner), douzième. Véritable surprise de la saison 2025 avec une troisième place finale au championnat, il a cette fois laissé filer de très gros points à Dijon. Toujours dans le bon wagon, il a pourtant été impliqué dans plusieurs accrochages qui lui ont valu plusieurs sanctions. Une entame de saison frustrante qui va l’obliger à cravacher lors des prochains rendez-vous. Week-end très solide de la part de Guillaume Martin (#25 – MAN), engagé à la tête d’un projet pédagogique impliquant les élèves du lycée professionnel Jeanette-Guyot, près de Chalon-sur-Saône. Le “professeur” a parfaitement mené sa course, tout comme ses élèves qui ont activement contribué au bon déroulement de l’évènement. L’équipe (pilote-élèves) se classe 16e.
Seule féminine engagée sur l’ensemble de la saison, Jennifer Janiec (#66 – MAN) quitte la terre dijonnaise au 17e rang.
Un grand bravo également aux autres pilotes du milieu et du fond de peloton, qui ont animé les courses et contribué à faire de ce retour à Dijon-Prenois un événement réussi : Romain Rivals (13e), Anthony Rommé (14e), Matthieu Bernard (15e), Fabrice Chaignaud (18e), Fabien Neel (19e), Kévin Bassanelli (20e), Thomas Verdier (21e) et Guillaume Machecourt (22e). Une pensée particulière également pour trois pilotes qui auraient dû prendre le départ mais n’ont pas pu s’exprimer. Les deux nouveaux venus du Championnat de France Camions FFSA, Anthony Daguier et Romain Boiteux, devaient se partager un RENAULT TRUCKS T au sein de l’équipe FFC de Fabrice Chaignaud. Mais un problème de distribution, trop important pour être réparé sur place pour la petite structure, les a contraints à renoncer avant même les courses du samedi. Même scénario pour Dimitri Treuvey, contraint de faire l’impasse sur tout le week-end à la suite d’un problème mécanique.
Ce premier rendez-vous de la saison 2026 a tenu toutes ses promesses et même au-delà, avec un franc succès populaire et 22 150 spectateurs venus découvrir ou redécouvrir l’univers spectaculaire des camions de course. L’ambiance a été à la hauteur de l’événement, confirmant l’engouement autour de ce retour très attendu. Désormais, cap sur le sud de la France : la deuxième manche du calendrier se disputera sur le mythique circuit du Circuit Paul Ricard, à l’occasion du Grand-Prix Camions du Castellet.