Intouchable durant tout le week-end, Téo Calvet (#20 – Freightliner) a réalisé le Grand Chelem en remportant les quatre courses du Grand Prix Camions de Magny-Cours. Thomas Robineau (#75 – MAN) limite les déts en décrochant la deuxième place du classement général, tandis que José Sousa (#22 – Freightliner) retrouve le podium après un début de saison compliqué.

Quelle démonstration ! Téo Calvet a littéralement survolé le Grand Prix Camions de Magny-Cours, quatrième épreuve de la saison 2026. Auteur de la pole position du dimanche, le champion de France en titre a remporté les quatre courses du week-end. Seule la superpole 1 du samedi lui a échappé. Une prestation de très haut niveau qui lui permet de décrocher son deuxième succès au classement général d’un Grand Prix cette saison, après la manche inaugurale de Dijon. Surtout, le pilote Buggyra Racing reprend sa marche en avant dans la course au titre. Après avoir vu Thomas Robineau, vainqueur au Castellet puis à Nogaro, revenir à seulement six points au championnat, Calvet a parfaitement réagi. Grâce à ce week-end maîtrisé de bout en bout, il reprend ses distances au classement général avec 30 points d’avance sur son principal rival.

Thomas Robineau avait pourtant idéalement lancé son week-end. Déjà très en vue lors des essais, il a confirmé son excellent niveau en décrochant la pole position de la superpole 1. De quoi laisser penser qu’il allait poursuivre sa remontée au championnat. Mais la première course a marqué un tournant. Parti en tête, le pilote MAN n’a pas réussi à résister à l’attaque de Téo Calvet au freinage de l’épingle. Une fois dépossédé du commandement, il n’a plus été en mesure d’inverser la tendance. Avec deux deuxièmes places dans les courses principales, une quatrième place et une sixième place lors des manches à grille inversée, son bilan s’est avéré insuffisant pour rivaliser avec un Calvet tout simplement intouchable. Pour autant, la bataille est loin d’être terminée. Il reste encore deux Grands Prix, soit huit courses, à disputer. Le prochain rendez-vous, programmé les 26 et 27 septembre au Mans à l’occasion des 24 Heures Camions, se déroulera sur les terres de Thomas Robineau, qui aura une belle occasion de relancer la course au titre devant son public.

Les Sousa de retour aux affaires

Après un début de saison compliqué, puis un week-end cauchemardesque à Nogaro, où un problème moteur survenu dès les qualifications l’avait empêché d’inscrire le moindre point, José Sousa a parfaitement redressé la barre à Magny-Cours. Auteur de deux podiums au cours du week-end, le pilote portugais s’adjuge la troisième place du classement général du Grand-Prix. Au pied du podium, on retrouve son fils Raphaël (#21 – Freightliner), lui aussi handicapé par des problèmes techniques depuis le début de la saison. La malchance s’est encore invitée lors de la quatrième course : alors qu’il occupait la deuxième place, un souci mécanique l’a contraint à perdre plusieurs positions dans les derniers tours. Sans cet incident, il aurait très certainement décroché une place sur le podium du Grand Prix. Mais avec des si… Une chose est sûre, les pilotes VTR semblent avoir retrouvé leur compétitivité.

Bernard brille

La révélation, ou plutôt la confirmation, de ce week-end se nomme Matthieu Bernard (#89 – MAN). Le pilote signe son meilleur résultat de la saison (et en carrière) en décrochant la cinquième place du classement général du Grand Prix. Très performant dès les qualifications, il s’est offert une remarquable quatrième place en superpole 1, son meilleur résultat dans l’exercice, avant de confirmer en course avec deux quatrièmes places lors des manches 1 et 4, qui constituent également ses meilleurs résultats ses débuts dans la discipline. Une prestation qui démontre que, lorsque tous les voyants sont au vert, il possède la vitesse nécessaire pour venir bousculer les ténors du plateau.

Jonathan André (#44 – MAN) pouvait lui aussi prétendre à la quatrième place du Grand Prix. Troisième en qualifications puis troisième de la première course, il avait parfaitement lancé son week-end avant d’engranger de gros points dans les manches suivantes. Mais un problème technique est venu anéantir ses espoirs lors de la quatrième course, le contraignant à l’abandon. Il termine finalement le Grand Prix au sixième rang, à seulement un point de Matthieu Bernard et trois de Raphaël Sousa. Un écart minime qui illustre à quel point la lutte reste ouverte et extrêmement serrée derrière les deux hommes forts du championnat, Téo Calvet et Thomas Robineau. Le week-end de Lionel Montagne (#40 – Renault Trucks) est plus contrasté qu’il n’y paraît, mais le contexte l’explique largement. À la suite du violent accrochage de Nogaro, qui avait lourdement endommagé son camion, l’équipe a pris la décision de confier à Lionel le camion de son fils Yorick (#24 – Renault Trucks) pour la fin de la saison. Un choix logique, Lionel étant le mieux placé des deux au championnat. En revanche, si les deux machines sont identiques sur le papier, il a néanmoins fallu s’adapter à une autre base de réglages ainsi qu’à une position de conduite différente. Cette phase d’adaptation ne l’a pas empêché de réaliser un solide début de week-end avec une septième place puis une belle deuxième place le samedi. Le dimanche par contre, l’équipe a choisi de poursuivre ses essais de réglages afin de mieux exploiter le Renault T. Des tests qui ne se sont pas révélés payants, puisque Lionel Montagne a terminé neuvième puis septième. Il conclut finalement le Grand Prix à la septième place, avec des enseignements précieux en vue de la suite de la saison. 

Rodrigues à un tour de la victoire

Ivan Rodrigues (#94 – MAN) se classe quant à lui huitième du Grand Prix au terme d’un week-end lui aussi contrasté. Parti depuis la première ligne de la course 2, il avait toutes les cartes en main pour jouer le podium avant qu’un problème de boîte de vitesses ne le fasse rétrograder jusqu’à la neuvième place. Il s’est toutefois parfaitement repris lors de la quatrième manche. De nouveau installé en première ligne sur la grille de départ, il a mené la course de bout en bout et a longtemps cru tenir sa première victoire de la saison. Mais Téo Calvet est finalement parvenu à le dépasser dans le dernier tour, le privant d’un succès qui lui tendait les bras. Le week-end a en revanche été plus compliqué pour Anthony Robineau (#8 – MAN). Moins en réussite qu’à l’accoutumée, il n’a jamais été en mesure de se mêler à la lutte pour les premières places. Sans faire de vagues, il a toutefois su limiter les dégâts en engrangeant de précieux points, qui pourraient compter dans la seconde partie de saison.

Belle performance d’Antoine Languillat (#31 – IVECO), qui intègre le top 10 du Grand Prix. Le champion de France Junior 2025 poursuit son adaptions à sa nouvelle équipe. Qualifié pour les deux superpoles du week-end, il a ensuite su se battre dans le bon wagon, certes en queue du groupe de tête, mais au contact des pilotes les plus expérimentés. Un apprentissage particulièrement précieux. Surtout, il a démontré que, lorsqu’il n’est pas impliqué (malgré lui) dans des faits de course, il possède un rythme lui permettant de rivaliser régulièrement avec les meilleurs.

Point sur le classement général

Au classement général, Téo Calvet compte désormais 30 points d’avance sur Thomas Robineau. Un écart important, mais pas encore décisif alors qu’il reste deux Grands Prix et huit courses à disputer. Derrière eux, la lutte reste tout aussi indécise. Jonathan André (331 points) vient de ravir la troisième place à Anthony Robineau (329), tandis que Lionel Montagne (326) pointe désormais au cinquième rang. Mais les trois hommes ne sont séparés que par trois points ! Raphaël Sousa (312), Ivan Rodrigues (308) et Aurélien Hergott ne sont pas non plus très loin. Sur le papier, tous peuvent encore prétendre à une place sur le podium final en fin de saison, même si André, Anthony Robineau et Lionel Montagne possèdent aujourd’hui un léger avantage. Grâce à son excellent week-end, José Sousa refait surface et remonte d’un bond à la neuvième place du championnat. En revanche, son retard accumulé en début de saison reste conséquent et réduit fortement ses chances de revenir dans la lutte pour le podium final. Dixième du classement, Yorick Montagne devrait, quant à lui, continuer de reculer. Le pilote a en effet cédé son camion à son père Lionel pour cette fin de saison, l’équipe ayant fait le choix de privilégier le pilote le mieux placé au championnat. Lucas Rivals recule à la onzième place du championnat et voit désormais Matthieu Bernard, douzième, revenir dans ses rétroviseurs. Antoine Languillat (13e) et Romain Rivals (14e) restent eux aussi au contact. Avec des écarts réduits, la lutte pour intégrer le top 10 promet d’être particulièrement disputée lors des deux derniers rendez-vous de la saison. Guillaume Machecourt, quinzième, confirme quant à lui sa belle régularité en conservant sa place dans le top 15 du championnat.