Interrompue à deux reprises par des drapeaux rouges après plusieurs incidents en piste, cette troisième course du GP Camions de Nogaro a offert son lot de rebondissements. Au terme d’une explication intense, Thomas Robineau (#75 – MAN) s’est imposé devant Téo Calvet (#20 – Freightliner), tandis que Jonathan André (#44 – MAN) a complété le podium.
Quel départ insensé ! À l’extinction des feux, les deux hommes de la première ligne, Thomas Robineau (#75 – MAN) et Téo Calvet (#75 – Freightliner), sont entrés en contact avant même le premier virage. Le choc a provoqué la crevaison de la roue avant gauche du champion de France en titre. Contraint de ralentir fortement dans les premiers enchaînements, Calvet a semé la panique derrière lui. Anthony Robineau (#8 – MAN) et Guillaume Machecourt (#58 – MAN) ont dû effectuer une spectaculaire manœuvre d’évitement, passant par l’herbe pour éviter le Freightliner n°20. Les deux pilotes sont toutefois parvenus à reprendre le contrôle de leur camion sans dommages. Immobilisé quelques instants en piste, Calvet a entraîné l’interruption de la course par drapeau rouge. Le pilote Freightliner a ensuite difficilement rejoint son stand afin de remplacer la roue endommagée. Il a finalement été autorisé à prendre le deuxième départ en dernière position, mais depuis la voie des stands, La course, réduite à dix tours, a donc été relancée avec les positions initiales conservées sur la grille, à l’exception de Calvet. Thomas Robineau s’est ainsi retrouvé seul en première ligne.
Mais ce deuxième départ n’a guère été plus calme. Dès le premier tour, dans la dernière chicane du circuit, plusieurs contacts ont provoqué un véritable carambolage. Lucas Rivals (#15 – Renault) a percuté Lionel Montagne (#40 – MAN), qui a lui-même poussé Aurélien Hergott (#10 – Daf), déclenchant une réaction en chaîne. Plusieurs concurrents, dont Téo Calvet, Antoine Languillat (#31 – Iveco), Pierre Ihuel (#64 – Volvo), Matthieu Bernard (#89 – MAN) et Romain Rivals (#17 – Renault), ont dû quitter la piste pour éviter les camions partis en tête-à-queue ou immobilisés sur la trajectoire. Pris au piège, Fabrice Chaignaud (#74 – Scania) n’a quant à lui pas pu éviter l’impact avec le camion de Lionel Montagne. Très endommagés et immobilisés en bord de piste, les véhicules des deux pilotes ont nécessité une nouvelle interruption de l’épreuve. La direction de course a alors brandi un deuxième drapeau rouge.
Ayant déjà accumulé un retard considérable sur l’horaire et afin de limiter les risques d’un nouveau départ chaotique pouvant entraîner un troisième drapeau rouge, la direction de course a pris une décision exceptionnelle. Pour la troisième procédure de départ, les pilotes se sont élancés un par un, en file indienne, et non deux par deux comme le prévoit habituellement le règlement. Une mesure de précaution destinée à garantir le bon déroulement de l’épreuve après cette succession d’incidents. Le troisième départ a finalement été le bon. Et le règlement a cette fois joué en faveur de Téo Calvet. Le deuxième départ ayant été interrompu avant que deux tours complets n’aient été couverts par les concurrents, c’est la grille de départ initiale qui a été rétablie. Le pilote Freightliner a ainsi pu retrouver sa place sur la première ligne, en deuxième position. Un scénario plutôt favorable pour le champion de France en titre, qui a bénéficié d’une seconde chance après les mésaventures du premier départ. Et, dans l’absolu, c’est tant mieux pour le spectacle. Les deux hommes forts du championnat ont offert une superbe explication durant toute la course. Roue dans roue, Téo Calvet a exercé une pression constante sur Thomas Robineau, restant dans ses rétroviseurs du premier au dernier tour. Malgré cette menace permanente, le pilote MAN n’a jamais cédé à la pression. Solide, il a résisté à toutes les offensives de son rival pour s’offrir une deuxième victoire ce week-end à Nogaro.
Derrière les deux leaders, un groupe de cinq pilotes s’est rapidement formé avec Jonathan André (#44 – MAN), Raphaël Sousa (#21 – Freightliner), Ivan Rodrigues (#94 – MAN), Anthony Robineau (#8 – MAN) et Yorick Montagne (#24 – Renault). La lutte pour le podium semblait alors totalement ouverte. Malheureusement, Raphaël Sousa a été contraint à l’abandon au sixième tour (sur huit) à la suite d’un problème technique. Un véritable coup dur pour ce dernier qui était en mesure de se battre pour le podium et pouvait espérer décrocher un troisième podium consécutif. Après cet abandon, le groupe est resté relativement compact jusqu’au drapeau à damier, mais aucun des protagonistes n’est réellement parvenu à porter une attaque sur le pilote qui le précédait. Les positions sont ainsi restées figées malgré un rythme soutenu. Aurélien Hergott a quant à lui disputé une course plutôt solitaire pour rallier l’arrivée en septième position.
Guillaume Machecourt a poursuivi sa progression dans la discipline. Régulièrement plus proche du rythme des habitués du championnat depuis le début de saison, il a su tirer profit des nombreux rebondissements de cette course pour décrocher une solide huitième place (meilleur résultat en carrière). Un résultat qui lui permettra surtout de s’élancer depuis la pole position de la course 4 à grille inversée, une première dans sa jeune carrière en championnat de France Camions, entamée en 2025. Fabien Neel (#14 – Renault) et Thomas Verdier (#42 – Iveco) ont complété le top 10. On a ensuite retrouvé Jennifer Janiec (#66 – MAN) au 11e rang. Impliquée dans un accrochage avec Anthony Rommé (#71 – Renault) dès le premier tour de ce troisième départ, elle s’est retrouvée reléguée en dernière position. La pilote a néanmoins réalisé une belle remontée pour revenir aux portes du top 10.
Kévin Bassanelli (#11 – Daf) s’est lui aussi mis en évidence en décrochant la 12e place devant Nathan Defaye (#18 – Renault). Plus loin dans le peloton, les spectateurs ont assisté à une belle passe d’armes entre Anthony Rommé, Pierre Ihuel et Dimitri Treuvey (#30 – MAN). Pénalisé d’un passage par la voie des stands pour avoir provoqué le contact avec Jennifer Janiec, Rommée a dû redoubler d’efforts pour remonter dans la hiérarchie, offrant plusieurs échanges musclés mais corrects avec ses deux rivaux. De quoi ravir les nombreux spectateurs présents dans les tribunes malgré les fortes chaleurs qui frappent le territoire ce week-end gersois. Romain Boiteaux (#73 – Renault) a quant à lui fermé la marche de ce classement en 17e position.
À noter que Fabrice Chaignaud et Lionel Montagne sont sortis totalement indemnes de cet impressionnant accident. Un dénouement qui illustre une nouvelle fois le très haut niveau de sécurité du championnat de France Camions.